Actualisé le 26-Mar-2021



Dans le cadre des JRI (jeunes reporters internationaux), Paul D. élève de 1ère a interviewé Monsieur CORMIER, qui est le directeur administratif et financier du LFCL, et de Monsieur SENARD qui est architecte et chargé des opérations immobilières de l’AEFE dans la zone ibérique. A travers ces échanges, ils ont pu faire un point de situation sur le projet immobilier.

De gauche à droite, Monsieur Passos, Monsieur Cormier et Monsieur Senard.


Paul D. : Depuis cette année, d’importants travaux ont été entrepris au lycée français Charles Lepierre de Lisbonne. De quand date le dernier grand projet immobilier de l’établissement ?

M. Cormier : Le lycée français est une vielle institution à Lisbonne dont les racines remontent en 1863. Entre 1917 et 1951, le lycée était installé dans le palais Braamcamp au Patio do Tijolo, dans le bairro alto. Il est présent sur son site actuel depuis la rentrée 1952.
Officiellement l’inauguration a eu lieu le 17 novembre de la même année en présence de nombreuses personnalités françaises et portugaises dont plusieurs ministres, l’Ambassadeur de France et Eugénie Lepierre, veuve du chimiste français qui donna son nom à l’établissement. A l’origine, ce terrain appartenait au club de football du Benfica de Lisbonne qui y avait son stade, appelé Estadio das Amoreiras. Le bâtiment aujourd’hui occupé par le secondaire ainsi que le bâtiment administratif et la maternelle datent de cette époque. Dix ans plus tard, en 1962, le lycée a construit le bâtiment du gymnase qui était à l’origine une salle polyvalente avant d’être transformée en gymnase devant la nécessité d’offrir de meilleures installations sportives. Le projet actuel constitue donc la troisième grande étape dans l’histoire du site. Il va durablement transformer la forme de l’établissement et en moderniser les conditions d’accueil et de travail.


Paul D. : Quelles zones du lycée vont subir des transformations ? Quels seront les changements concrets pour la vie des élèves à la fin du projet ?

M. Senard : Les zones transformées s’étireront de l’actuelle école provisoire jusqu’à l’entrée principale de l’établissement, incluant la maternelle et l’annexe (bâtiment C). De manière générale, le projet prévoit la construction de nouveaux espaces et la modernisation des installations existantes dédiées au pôle primaire. Mais il a aussi pour objectif de construire de nouveaux espaces sportifs pour le secondaire. Il s’adresse donc à l’ensemble des élèves du Lycée français et permettra à l’établissement de se doter d’espaces plus adaptés aux exigences pédagogiques et environnementales actuelles.
Sur le plan spatial, ce projet s’articule autour de travaux de construction de bâtiments neufs et de travaux de rénovation pour l’ensemble des élèves de maternelle et d’élémentaire

L’actuel bâtiment D et les étages supérieurs du futur bâtiment G accueilleront les classes de la petite section à la grande section. Le rez-de-chaussée du bâtiment G, l’actuel bâtiment C et le futur bâtiment H accueilleront, eux, les élèves du CP au CM1.
En plus de salles de classe, de salles de motricité et de salles polyvalentes dotées d’équipement neufs et d’un meilleur confort acoustique et visuel, le projet permettra de créer une grande cour de récréation discontinue depuis le futur bâtiment G et passant sous le futur bâtiment H, en plus de la cour de maternelle qui sera rénovée et aménagée. Ces grands espaces extérieurs, importants pour le bien-être des élèves, seront végétalisés et dotés d’espaces ombragés, de jardins pédagogiques, de mobilier et de jeux neufs. En lieu et place de l’actuelle école provisoire, ce projet offrira aussi de nouvelles infrastructures sportives entièrement dédiées aux élèves du secondaire.
Le volet environnemental constituera également un changement pour les élèves, même si celui-ci sera moins perceptible. Ce projet immobilier a en effet pour objectif de construire une école plus durable et respectueuse de son environnement. Les bâtiments intègreront des solutions architecturales appelées « bioclimatiques » ou « passives » afin qu’ils soient adaptés aux caractéristiques du site du LFCL et que soient utilisés le moins possible des moyens mécaniques comme la climatisation. C’est la raison pour laquelle les espaces intérieurs seront bien isolés et protégés du soleil par des grandes lames verticales en bois sur les façades les plus exposées, ou que le projet prévoit un système de ventilation naturelle et de ventilateurs pour faciliter la circulation de l’air et le brassage de l’air.
Tous ces éléments, à la fois visibles sur le plan de la qualité des espaces intérieurs et extérieurs et moins visibles sur la prise en compte des caractéristiques environnementales transformeront positivement et de manière durable le cadre de vie des élèves du Lycée français Charles Lepierre.


Paul D. : Aujourd’hui, certains élèves, parents et professeurs se plaignent des mauvaises conditions de travail dans l’enceinte de l’établissement : pollution sonore, locaux exigus et manque de salles de classe, de permanence, de climatisation et d’infrastructures sportives par exemple. Le chantier permettra-t-il de remédier à ces difficultés ?

M. Cormier : Si le projet va révolutionner l’école primaire, il ne règle pas toutes les difficultés actuelles. Tout d’abord, le projet a été pensé prioritairement pour améliorer les conditions matérielles de l’école mais sans objectif d’augmentation des effectifs. Le manque de salles de classe dans le secondaire restera une difficulté réelle de l’établissement à laquelle il nous faudra proposer des réponses dès la fin des travaux. Concernant les installations sportives, le nouveau projet redessine 2 espaces sportifs à l’emplacement de l’actuelle école provisoire (un grand terrain et un petit terrain) ainsi que le long de l’avenue Pacheco (1 grand terrain). A noter également la construction dans le futur bâtiment H d’un nouveau gymnase. Concernant les conditions de travail actuelles, nous connaissons les difficultés mais nous tentons de les minimiser au maximum en veillant à faire, autant que possible, coïncider les opérations les plus bruyantes avec les périodes de non occupation de nos locaux, et en particulier de l’école provisoire. Le confinement de ce point de vue a été très positif car il a permis d’avancer sans entrave sur des opérations assez bruyantes de destruction et de mouvement de terrain. Nous sommes également très attentifs aux conditions de sécurité sur le chantier qui doit rester un espace totalement hermétique du reste du lycée. Une société indépendante assure en particulier cette vérification sur le chantier à travers une présence quotidienne.


Paul D. : Où en est l’avancée des travaux aujourd’hui (mi-mars 2021) ? Quelles sont les prochaines étapes de construction ?

M. Senard : Comme expliqué précédemment par M. Cormier, le confinement a été positif pour la mise en œuvre des opérations les plus bruyantes et a permis à l’entreprise d’avancer rapidement. À ce jour, la grue a été correctement installée, les démolitions dans le bâtiment C, les fondations du futur bâtiment G et de la connexion entre le bâtiment G et H sont achevées et celles du futur bâtiment H démarreront bientôt. Toutefois, au début du mois de mars, nous avons connu un arrêt sur la partie du bâtiment de l’annexe (C) en raison d’une procédure d’embargo demandée par la société qui partage ce bâtiment avec le lycée. Cette demande a été faite à la suite de certains dommages mineurs causés pendant les travaux. Nous discutons actuellement avec la société pour trouver les conditions d’une reprise rapide sur ce bâtiment. En dehors de cet aléa et d’une manière générale, les travaux avancent à un bon rythme et l’entreprise en charge des travaux va maintenant se concentrer sur la construction de la structure primaire des futurs bâtiments.


Paul D. : Combien de personnes interviennent actuellement sur le chantier ?

M. Cormier : Il y a actuellement 55 personnes qui travaillent sur le chantier, dont cinq ingénieurs, un coordonnateur de sécurité, un archéologue et un géomètre. L’archéologue ne sera présente que pour la phase de mouvements de terrain car le site du lycée est classé dans une zone d’intérêt archéologique, notamment préhistorique. Heureusement pour le calendrier, aucune découverte n’a été effectuée à ce stade et les travaux peuvent se poursuivre. Le géomètre est lui chargé en particulier de surveiller que le creusement des fondations du bâtiment H ne génère pas d’impact sur le tunnel de l’avenue Pacheco.


Paul D. : Le lycée accueille aujourd’hui environ 2000 élèves. Il fait, dans le même temps, toujours face à un niveau de demandes d’inscription très élevé. Ces aménagements permettront-ils d’augmenter les effectifs actuels ?

M. Senard : Non, ce projet ne permet pas une augmentation des effectifs. La structure de l’école restera équivalente à celle que l’on connaît aujourd’hui en nombre de classes et donc en nombre d’élèves. Nous sommes de toute manière limités dans l’accueil d’élèves supplémentaires en raison de la surface contrainte des espaces extérieurs disponibles.


Paul D. : Initialement, le projet de reconstruction prévoyait une livraison pour 2021. Aujourd’hui, force est de constater que cet objectif ne sera pas réalisé dans les délais fixés initialement. Quelle est la nouvelle échéance et pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce retard ?

M. Cormier : Il est vrai que le lycée a attendu de nombreux mois la délivrance du permis de construire et des autorisations techniques afin de pouvoir démarrer le chantier. Les lenteurs administratives aggravées par le confinement de 2020 expliquent le retard sur le calendrier initial. Maintenant que cette étape est réglée, nous mettons tout en œuvre, depuis le démarrage des travaux en janvier 2021, pour être au rendez-vous de la rentrée 2022. C’est un très grand défi car nous savons désormais que ces délais d’obtention des permis font courir un risque sur cet objectif, comme l’a montré la délivrance des permis de construire. Notre travail est donc d’anticiper au maximum l’ensemble de ces démarches pour maîtriser au mieux ce risque en lien avec l’objectif annoncé.

Paul D. : Merci pour vos réponses.